Ebola Bundibugyo : les chercheurs misent sur deux vaccins candidats prometteurs

Alors que l’épidémie d’Ebola se poursuit en République démocratique, avec désormais 3 800 décès enregistrés, les regards sont tournés vers la recherche vaccinale. Un vaccin développé contre l'espèce Ebola Zaïre est actuellement utilisé dans le cadre d'études visant à déterminer s’il peut offrir une protection contre le virus Bundibugyo, actuellement en circulation.
Cette démarche suscite de l’espoir, alors qu’aucun vaccin homologué n’existe encore contre la variante Bundibugyo. Pour comprendre les enjeux de ces essais et les perspectives qu’ils ouvrent pour la lutte contre Ebola, élément de réponse avec le docteur Francisco Luquero, responsable des épidémies à fort impact chez Gavi, l’Alliance du vaccin. Interview.
DW : La RDC fait face à une épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo. Où en est aujourd’hui la recherche de vaccins contre cette souche ?
Francisco Luquero : Aujourd’hui, nous ne disposons ni d’un traitement ni d’un vaccin spécifiquement homologué contre la souche Bundibugyo. En revanche, nous avons le vaccin Ervebo, dont l’efficacité et la sécurité ont été démontrées contre la souche Ebola Zaïre . Des études réalisées en laboratoire ainsi que sur des modèles animaux montrent qu’il pourrait exister une protection croisée contre la souche Bundibugyo. Ces données scientifiques ont été examinées par les comités d’experts de l’Organisation mondiale de la santé, qui recommandent de poursuivre les recherches afin d’évaluer cette protection croisée.
DW : Vous évoquez le vaccin Ervebo, utilisé contre la souche Zaïre. Où en est la recherche d’un vaccin spécifiquement destiné à la souche Bundibugyo ?
Francisco Luquero : Notre priorité est d’identifier des vaccins candidats qui soient à la fois sûrs et efficaces, afin de pouvoir les déployer le plus rapidement possible sur le terrain pour sauver des vies.
DW : Que signifie exactement l’expression « vaccin candidat » ?
Francisco Luquero : Un vaccin candidat est un vaccin qui a déjà franchi certaines étapes de développement. Il a notamment été testé lors d’essais précliniques ou dans les premières phases d’essais cliniques. Nous disposons donc déjà de données préliminaires suggérant un effet positif potentiel dans la prévention de la maladie.
DW : Dispose-t-on déjà de vaccins candidats prometteurs contre la souche Bundibugyo ?
Francisco Luquero : Oui. Nous avons actuellement deux vaccins candidats qui sont en phase 1 d’essais cliniques. Nous espérons obtenir les premiers résultats prochainement. Si ces résultats sont favorables, ces vaccins pourront ensuite passer aux phases 2 et 3 d’évaluation en Afrique dans un avenir proche.
DW : Peut-on espérer voir un vaccin en phase 3 d’ici la fin de l’année ?
Francisco Luquero : Nous faisons face à une situation difficile sur le terrain , mais je reste optimiste. Je pense que des vaccins seront testés en Afrique avant la fin de l’année. À tout le moins, les études cliniques devraient avoir commencé d’ici là.