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Des responsables politiques congolais réunis en Finlande

DW Afrique · Wendy Bashi · 3 septembre 2026 · Source originale

Du 1er au 3 septembre, plusieurs personnalités de la scène politique de la République démocratique du Congo ont pris part à une rencontre en Finlande organisée par la CMI, la Martti Ahtisaari Peace Foundation.  Cette initiative se veut avant tout un cadre d'échanges et de réflexion destiné à favoriser le dialogue entre responsables congolais. Reconnue à l'échelle internationale pour son expertise en matière de prévention et de résolution des conflits, la CMI œuvre depuis plus de deux décennies à rapprocher les parties opposées dans divers contextes de crise.

Créée en 2000 par Martti Ahtisaari, ancien président finlandais et lauréat du Prix Nobel de la paix, la fondation accompagne des responsables politiques, des représentants de la société civile et d'autres parties prenantes dans leurs efforts visant à prévenir les conflits, ou à favoriser leur règlement. Son approche repose notamment sur la création d'espaces de discussion, permettant aux différents protagonistes d'échanger dans un cadre neutre et constructif.

Parmi les Congolais présents figuraient notamment Jean-Marc Kabund, président de la Coalition des gauches congolaises (CGC) le directeur de cabinet de l'opposant Delly Sesanga et des membres de la majorité au pouvoir.

Delly Sesanga et la coalition Lamuka de Martin Fayulu n’ont néanmoins pas pris part à la rencontre. Ils expliquent leur absence par la préparation de la manifestation prévue le 15 septembre pour dénoncer le projet de changement constitutionnel et l'absence de convocation d 'un dialogue national consensuel , selon Prince Epenge, porte-parole de Lamuka : "Nous n’avons pas pu nous déplacer pour la simple et bonne raison qu’il y a une manifestation le 15 septembre et Lamuka doit mettre tout en œuvre pour qu’il y ait réussite de cette manifestation. Mais nous pensons que ceux de l’opposition qui participent vont réunir toutes les questions relatives à la crise congolaise. Pour nous, ce n’est pas un boycott, mais c’est tout simplement une question d’agenda."

Organisée sous le thème "Leadership en action : échanges entre pairs et leçons de l'expérience finlandaise", cette visite d’études permet aux participants de découvrir les pratiques finlandaises en matière de gouvernance et de gestion publique.

Une question se pose toutefois : pourquoi la Finlande ? Le politologue Christian Moleka explique que "l a Finlande a toujours été un appui institutionnel pour l’Union africaine. C’est le pays scandinave qui accompagne à la fois techniquement, financièrement et institutionnellement l’Union africaine dans ces projets de médiation, par exemple au niveau du Sahel. Il est vrai que pour la RDC, on peut dire que c’est une forme de première, mais la Finlande, à travers notamment son think thank CMI, a toujours été le médiateur de l’ombre, celui qui accompagne l’Union africaine. Et dans un contexte où l’Union africaine est une des parties qui travaillent au dialogue, on peut comprendre que la Finlande joue ce travail d’accompagnement technique pour essayer de rapprocher l’opposition sur le dialogue à venir".

Au cours de ces trois jours, les responsables congolais ont participé à des rencontres avec des représentants des institutions finlandaises, notamment de la présidence de la République, du ministère des Affaires étrangères et du Parlement. Le programme prévoyait également des discussions autour des questions de sécurité nationale et de prévention des crises, à travers des échanges avec des experts finlandais spécialisés dans la gestion des risques et la résilience des États.

Enfin, plusieurs séances de travail étaient consacrées au partage d'expériences entre participants, ainsi qu'à la réflexion sur les enseignements pouvant être tirés de l'expérience finlandaise en matière de gouvernance, de dialogue politique et de gestion des ressources publiques.

Selon les informations disponibles, cette rencontre est présentée comme un voyage d'étude et d'échanges. Elle ne revêt pas officiellement le caractère de négociations politiques ou d'un dialogue institutionnel formel. Dans un contexte marqué par des tensions politiques récurrentes en RDC, ce type d'initiative vise à renforcer la confiance entre les différents acteurs et à encourager une culture du dialogue.