RDC : après la marche de l’UDPS, Kabund et Sesanga dénoncent une différence de traitement avec l’opposition

La marche de l’UDPS et de ses alliés avait été autorisée par l’Hôtel de ville de Kinshasa. Les autorités provinciales avaient, en amont, discuté avec les organisateurs des modalités d’encadrement et appelé au respect de l’itinéraire ainsi qu’au caractère pacifique du rassemblement. La police avait été mobilisée pour assurer la sécurité du cortège.
Dans une réaction publiée après cette mobilisation, le président de l’Envol, Delly Sesanga, a estimé que les conditions d’organisation des manifestations politiques soulèvent une question plus large sur l’exercice des libertés publiques. Il a notamment opposé le traitement réservé à la marche de l’UDPS à celui de la manifestation de la C64 du 15 septembre, organisée pour contester tout projet de modification de la Constitution.
« Lorsque la rue est interdite à l’opposition, mais aménagée pour le parti au pouvoir, la démocratie n’est plus qu’un discours creux », a déclaré l’opposant, appelant par ailleurs à la poursuite de la mobilisation populaire dans un cadre pacifique et par la voie électorale. Delly Sesanga a également réaffirmé son opposition à une modification de la Constitution, à un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi ainsi qu’à tout report du calendrier politique au-delà de 2028.
De son côté, Jean-Marc Kabund, figure de la C64, a formulé une critique similaire. L’ancien président intérimaire de l’UDPS a dénoncé ce qu’il considère comme une différence de traitement entre la manifestation organisée par la coalition de l’opposition le 15 septembre et celle du parti présidentiel le 22 septembre. « Nous refusons une démocratie à géométrie variable, où la rue est libre pour les partisans du régime et interdite à l’opposition », a-t-il écrit, annonçant la poursuite du combat de la C64 en faveur de l’ordre constitutionnel et des libertés publiques.
La comparaison intervient dans un contexte marqué par deux mobilisations successives aux objectifs politiques opposés. Le 15 septembre, la C64 avait organisé une marche contre tout projet de changement constitutionnel. À Kinshasa, le cortège avait été confronté à des incidents à Limete, notamment aux environs des 11ᵉ et 12ᵉ rues, avant sa dispersion. Radio Okapi avait également rapporté que la mobilisation avait connu des restrictions ou des dispersions dans plusieurs villes du pays.
Une semaine plus tard, l’UDPS et ses alliés ont investi à leur tour les rues de Kinshasa pour soutenir les institutions de la République, le dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi et le processus référendaire. La manifestation, partie de Limete en direction du boulevard Triomphal, a réuni plusieurs milliers de militants et responsables politiques de la majorité.
Ces deux mobilisations successives illustrent ainsi la forte polarisation du débat politique congolais autour du dialogue national et de la question constitutionnelle. Tandis que la C64 affirme vouloir défendre l’ordre constitutionnel et s’oppose à toute modification de la loi fondamentale, le camp présidentiel mobilise ses soutiens autour du processus référendaire et du dialogue national.