CongoNews

En RDC, les mineurs artisanaux seraient victimes d’exactions dans les zones rebelles

DW Afrique · Jean-Noël Ba-Mweze · 22 septembre 2026 · Source originale

Dans l’est de la République démocratique du Congo , la situation humanitaire reste très préoccupante dans les hauts plateaux de Minembwe , dans la province du Sud-Kivu. Les populations n’ont pas accès à l’aide humanitaire.

Une autre inquiétude concerne les mineurs artisanaux dans les zones contrôlées par les rebelles de l’AFC/M23 . Amnesty International dénonce des violations des droits humains et le pillage de l'or et du coltan, acheminés vers le Rwanda.

Les rebelles de l’AFC/M23 accusent l’armée congolaise et ses alliés, dont la milice Wazalendo et l’armée burundaise, d’empêcher l’accès des humanitaires aux populations dans les hauts plateaux de Minembwe .

Des accusations que conteste Enoch Sebineza, notable de Minembwe et président de la communauté Banyamulenge à Kinshasa. Selon lui, la responsabilité de cette situation incombe à l’armée rwandaise, qu’il accuse de soutenir des groupes armés locaux , comme l’AFC/M23 et les Twirwaneho.

"Depuis tout ce temps, il y a un front tout autour de Minembwe. C’est ça qui empêche les humanitaires d’accéder à Minembwe. Depuis un an, il n’y a aucun produit qui vient de l’extérieur à cause de ce front autour de Minembwe. Ce sont les troupes rwandaises qui utilisent justement l’AFC/M23. Donc les troupes rwandaises prennent nos populations en otage et empêchent les humanitaires d’arriver à Minembwe" , dénonce-t-il.

Parallèlement, la situation des mineurs artisanaux dans les zones sous le contrôle rebelle, notamment à Rubaya , dans le Nord-Kivu, et à Lomera, dans le Sud-Kivu , est préoccupante.

Dans son rapport publié ce lundi 21 septembre, Amnesty international révèle de graves violations des droits humains . L’organisation  parle de travail forcé et de crimes de guerre.

"Nous avons documenté du travail forcé, des détentions arbitraires, des actes de torture, des recrutements forcés et la mort d’au moins 18 mineurs. L’or et le coltan extraits sont ensuite acheminés clandestinement vers le Rwanda" , précise Christian Rumu, chargé de campagne chez Amnesty international. Il avertit que ces actes pourraient constituer des crimes de guerre et notamment le pillage .

" Nous appelons le M23 à mettre immédiatement fin à ces atteintes. Nous demandons également aux Etats et aux entreprises de suspendre leurs achats de minerais rwandais, tant que leur origine licite n’est pas garantie" , insiste t-il.

Le rapport d’Amnesty international repose sur des enquêtes menées entre janvier et avril 2026. L’organisation internationale affirme s’appuyer sur 26 entretiens conduits sur place.