RDC : Dieudonné Nkishi appelle à encadrer l’inclusivité du dialogue par la vérité, la justice et la responsabilité

Dans une déclaration consacrée au processus de dialogue en République démocratique du Congo transmise à 7SUR7. CD, il s’interroge sur les critères permettant de déterminer les acteurs devant participer à un tel processus.
Dieudonné Nkishi questionne notamment la légitimité de ceux qui établissent la liste des participants et demande sur quelles bases juridiques, politiques, morales ou démocratiques sont définis les critères d’inclusion.
Il cite parmi les catégories susceptibles d’être concernées les partis politiques, les organisations de la société civile, les victimes, les familles des victimes, les personnes déplacées, les femmes victimes de violences, les jeunes, les confessions religieuses et les universitaires.
Le président de Congo Positif soulève également la question de la participation éventuelle de personnes accusées ou soupçonnées d’avoir commis des crimes graves. Selon lui, l’inclusivité ne devrait pas conduire à placer sur le même plan les victimes et les personnes appelées à répondre de leurs actes.
Concernant les violences commises dans l’Est de la RDC, Dieudonné Nkishi estime que tout processus de paix doit notamment permettre d’établir les responsabilités liées aux tueries, massacres, violences sexuelles, déplacements forcés et autres crimes.
Il affirme ainsi qu’un dialogue peut être inclusif dans sa composition tout en marginalisant les victimes si leurs droits à la vérité, à la justice et à la réparation ne sont pas suffisamment pris en compte.
Dieudonné Nkishi formule trois exigences qu’il présente comme devant encadrer l’inclusivité : la vérité, la justice et la responsabilité.
Sur la vérité, il demande que soient établis les faits survenus dans l’Est du pays ainsi que les responsabilités dans les crimes commis.
Sur la justice, il estime que l’inclusivité ne doit pas servir à contourner les procédures liées aux crimes commis et réclame des garanties pour les victimes.
Enfin, sur la responsabilité, il appelle à distinguer les responsabilités politiques, militaires et individuelles et à prévoir des mécanismes permettant d’en répondre.
Dieudonné Nkishi soutient par ailleurs que la participation à un dialogue ne devrait pas constituer une immunité politique. Il affirme que son mouvement ne rejette ni la paix, ni le dialogue, ni l’inclusion, mais refuse que ceux-ci se réalisent au détriment de la vérité, de la justice et de la responsabilité.
Il résume sa position en trois principes : « Vérité. Justice. Responsabilité. »