Scrutins régionaux à haut risque pour le chancelier allemand

Deux semaines après le scrutin en Saxe-Anhalt où l' extrême droite a obtenu une écrasante victoire , c'est au tour des électeurs du Land de Mecklembourg-Poméranie Occidentale et de Berlin, la capitale, de se rendre aux urnes. En tout, ils sont environ quatre millions à pouvoir aller voter. Un chiffre rehaussé par l'ouverture des scrutins aux jeunes à partir de 16 ans.
Dans le Mecklembourg, qui est une région rurale et côtière du nord-est de l' Allemagne , le SPD et l' AfD sont au coude à coude. Si le parti d'extrême droite (une appellation que l'AfD conteste devant la justice allemande) se hissait à la première place dimanche, ce serait une première pour la région.
Actuellement, les sociaux-démocrates dirigent la région avec Die Linke, la gauche radicale. Une coalition qui ne devrait toutefois pas être reconduite et aucun parti ne devrait par ailleurs obtenir la majorité absolue.
Les Verts et le BSW (gauche conservatrice) pourraient être faiseurs de roi. Tandis que le score des conservateurs de la CDU devrait passer sous la barre des 10 %, voire même sous la barre des 5 % ce qui l'empêcherait d'entrer au Parlement. Ce serait aussi une première historique.
Berlin a, depuis 2023, la même coalition qu'au niveau fédéral : CDU et SPD avec un maire conservateur. Pour dimanche, les sondages prédisent la victoire d'une coalition tripartite : soit CDU, Verts et SPD, soit Die Linke, Verts et SPD.
La mairie pourrait également échapper aux conservateurs, au profit de la candidate de la gauche radicale, étoile montante de la politique locale, Elif Eralp. Par ailleurs, l'AfD devrait connaître une envolée importante la plaçant juste derrière la CDU et Die Linke.
Ces derniers jours, ce sont les prix élevés de l'essence et de l'énergie qui se sont imposés dans les débats dans le Mecklembourg. Mais aussi la popularité grandissante de l'Alternative pour l'Allemagne, parti anti-migrants et pro-russe, ou encore la politique éducative.
Dans la capitale allemande, il a été surtout question de la crise du logement, de la gestion des déchets et de la sécurité.
Si les deux élections régionales sont bien sûr importantes en soi, les résultats annoncés dimanche soir seront particulièrement scrutés, y compris à l'étranger, car ils seront décisifs pour l'avenir du chancelier Friedrich Merz et de sa grande coalition.
Si les conservateurs devaient de nouveau sortir affaiblis voire K.O. dans le Mecklenburg et/ou à Berlin, la pression augmenterait encore un peu plus sur celui dont la popularité est déjà au plus bas.
Depuis des semaines, Friedrich Merz fait l'objet de critiques, y compris dans ses propres rangs. Et signe que l'heure est grave : le chancelier a convoqué une réunion des ténors de son parti pour dimanche soir. Et il a annulé son voyage à New York prévu la semaine prochaine, à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations unies.