Congo-Kin: Pays cherche des patriotes désespérément!
« Il n’y a pas d’agression dans l’Est ! Il n’y a pas de rébellion ! ». Qui parle ? Ces propos ont été tenus, lundi 14 septembre, par l’opposant congolais Franck Diongo Shamba. C’était sur le média « Global africa télésud ». Pour Diongo, le Rwanda de Paul Kagame n’a pas agressé le Congo-Kinshasa. Les troupes rwandaises ne sont pas non plus sur le sol congolais. D’après lui toujours, le maître de Kigali n’est qu’un « bouc émissaire ». Mieux, un souffre-douleur. Qu’avons-nous fait au Bon Dieu ?, est-on tenté de s’écrier. Mardi 15 septembre, des opposants (Martin Fayulu, Delly Sessanga, Jean-Marc Kabund et compagnie) ont organisé finalement leur marche tant attendue. De l’avis général, la mobilisation n’a pas été au rendez-vous. Combien étaient-ils ? Deux cent ? Cinq cent ? Mille ? Deux mille manifestants? La ville province de Kinshasa ne compte pas moins de dix millions d’âmes. Faites le calcul. Sur le tee shirt d’un protestataire, on pouvait lire : « Alinga, alinga te akokende ». Traduction : qu’il le veuille ou pas il doit partir ! Un message destiné au Président de la République en exercice dont le second mandat est censé pourtant expirer en décembre 2028. Un message plus simple à claironner qu’à matérialiser. Que lui reproche-t-on? Felix Tshisekedi Tshilombo est suspecté de vouloir « changer » la Constitution pour s’octroyer un troisième mandat. D’aucuns parlent d’une « présidence à vie ». Une perspective qui dérange non seulement Paul Kagame qui tient à « revassaliser » la RDC. Mais aussi la société civile au sens large. A Goma où se trouve le siège du M23/RDF/AFC, l’échec apparent de la « bande à Fayulu » a été accueilli avec un ouf de soulagement, voire avec un certain plaisir. Et pour cause, le duo Makenga et Bisimwa redoute que les Kinois leur dament le pion. Un marché des dupes entre le M23/RDF et l’opposition politique qui espère participer au partage des postes. Depuis le mois de novembre 2021, la RDC vit une situation paradoxale. D’un côté, l’armée de Kagame occupe les provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu, pour une raison connue de lui seul. De l’autre, des opposants et des activistes de la société civile qui ont rejoint la rébellion financée par l’ancien président « Joseph Kabila » et son parrain Kagame. Un comble ! En décembre 2023, Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) se découvre la vocation de « chef rebelle ». Par procuration. Il lance, à partir de Nairobi, au Kenya, l’Alliance Fleuve Congo (AFC). Au motif que « Fatshi » lui a arraché ses carrés miniers. Il rêve de marcher sur Kinshasa. Et de devenir calife à la place du calife. Martin Fayulu, Delly Sessanga et Jean-Marc Kabund caressent la même ambition. Devenir Calife à la place du Calife En février 2025, l’église catholique romaine (Cenco) et l’église protestante (ECC) publient leur guide dit « Pacte social pour la paix et le vivre ensemble en RDC et dans les Grands Lacs ». Ces religieux exigent ni plus ni moins qu’une « refondation de l’Etat ». Le projet est qualifié de « démarche salutaire » par Paul Kagame. Vous avez bien lu. Cette refondation passe, selon eux, par l’organisation d’un « Dialogue national ». D’aucuns rêvent d’une sorte de « Sun City 2 ». Objectif : restaurer la cohésion nationale et panser les crises sécuritaires récurrentes. Dans un communiqué daté du 19 juin 2026, les prêtres catholiques et protestants titrent : « La nation est en péril ». Ils parlent de la des troupes étrangères « installées chez nous » mais n’osent pas citer l’agresseur rwandais. Chacun a le droit d’aimer ou de ne pas aimer le président Felix Tshisekedi Tshilombo. Personne n’a, en revanche, le droit de trahir la RDC en pactisant avec les ennemis. Rien ne prouve que Kagame va retirer ses troupes après le « dialogue national » des Congolais. Où sont passés les patriotes ? Où sont passés ces femmes et hommes qui aiment leur patrie et veulent la servir ? Des femmes et des hommes qui donnent préséance à l’intérêt supérieur de la nation. En cette année 2026, la RDC cherche des patriotes désespérément. Baudouin Amba Wetshi