Commerce extérieur : comment la RDC veut réduire sa dépendance aux importations face aux crises mondiales

La République démocratique du Congo veut renforcer ses capacités de production locale pour mieux résister aux perturbations du commerce mondial. Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a défendu cette orientation mercredi 16 septembre à Genève, lors du Forum public 2026 de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) , qui se tient du 15 au 17 septembre. Intervenant notamment dans des discussions consacrées à la protection des économies vulnérables et à l’exploitation minière durable, Julien Paluku a appelé les pays les moins avancés à développer davantage les initiatives locales. Pour Kinshasa, les perturbations des chaînes mondiales d’approvisionnement rappellent la vulnérabilité des économies fortement dépendantes des marchés extérieurs. Cette orientation intervient alors que le gouvernement présente la promotion des exportations congolaises, l’ouverture de nouveaux marchés, la facilitation des échanges et l’intégration régionale parmi les axes de sa politique commerciale. Le défi reste cependant de transformer ces orientations en retombées concrètes pour les producteurs et exportateurs congolais. Produire localement, mais aussi mieux exporter À Genève, la RDC n’a pas limité son plaidoyer à la production locale. Julien Paluku a également présenté les réformes engagées dans le secteur extractif pour améliorer la conformité et la traçabilité des minerais congolais sur les marchés internationaux. Le gouvernement affirme notamment travailler à l’assainissement des conditions d’exploitation sur les sites miniers. L’enjeu est important pour une économie dont une part substantielle des exportations repose sur les ressources minières. Pour Kinshasa, renforcer la traçabilité doit permettre de consolider l’accès des produits congolais aux marchés internationaux, parallèlement aux efforts visant à développer davantage de chaînes de valeur à l’intérieur du pays. Cette stratégie pose toutefois une question plus large : comment transformer la promotion de la production locale en capacité réelle de substitution aux importations ? Cela suppose non seulement de produire davantage, mais aussi d’améliorer l’accès au financement, à l’énergie, aux infrastructures logistiques et aux débouchés commerciaux. La douane entre dans la transformation numérique Le gouvernement met également en avant la dématérialisation progressive des opérations de pré-dédouanement, de dédouanement et de post-dédouanement. Selon le ministère du Commerce extérieur, la transmission électronique des documents entre le Guichet unique intégral du commerce extérieur et le système Sydonia World de la DGDA fait partie de cette modernisation. Kinshasa promeut parallèlement son Portail d’information commerciale (PIC) , destiné à centraliser les informations réglementaires, tarifaires et commerciales utiles aux opérateurs et investisseurs. L’objectif affiché est de réduire l’opacité administrative et de faciliter l’accès à l’information commerciale. Le plaidoyer présenté à Genève dessine ainsi une stratégie à deux niveaux : réduire la vulnérabilité extérieure en développant les capacités productives nationales, tout en facilitant l’accès des produits congolais aux marchés internationaux . Reste désormais à mesurer cette politique à partir d’indicateurs concrets : évolution des importations, diversification des exportations, délais de dédouanement et part des produits transformés localement. Odon Bakumba The post Commerce extérieur : comment la RDC veut réduire sa dépendance aux importations face aux crises mondiales appeared first on BETO .