Revue de presse Afrique - À la Une: les violences à Kinshasa lors de la manifestation de l’opposition

« La rue a de nouveau cristallisé les tensions politiques en République démocratique du Congo, relève Le Journal de Kinshasa . Hier mardi, la marche convoquée à Kinshasa par la C64, la Coalition Article 64, pour dénoncer toute perspective de prolongation du mandat du président Félix Tshisekedi, s’est déroulée dans un climat de forte crispation, marqué par des affrontements, un important dispositif sécuritaire et des accusations croisées entre opposition et majorité. »
Le site Actualité CD nous raconte le moment où tout a basculé : « Arrivé à hauteur de la 13e rue, le cortège est perturbé par des détonations entendues un peu plus loin. Plusieurs manifestants commencent à fuir. Mais ces premiers mouvements de panique ne suffisent pas à faire reculer la masse, estimée à plus de 5 000 personnes. La situation dégénère véritablement au niveau des 12e et 11e rues, relate Actualité CD . Des jeunes, présentés comme membres de la Force du progrès, structure affiliée à l’UDPS, le parti présidentiel, sortent alors sur la voie publique munis d’armes blanches. Énervés par les chants scandés par les manifestants, ils passent à l’attaque, brandissant notamment des pelles, des machettes et d’autres objets. Au même moment, des policiers font usage de gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les protagonistes et ramener le calme. La circulation est aussitôt paralysée. (…) Chacun cherche à fuir (…). La fumée envahit le boulevard. Après plusieurs minutes d’affrontements, les éléments de la Force du progrès parviennent à repousser la grande masse qui accompagnait les leaders de l’opposition, Kabund, Sesanga et Fayulu. »
Jeune Afrique raconte la suite : « Arrivé dans ses bureaux avec une chemise blanche tachée de sang, semblant éprouver des difficultés pour marcher, Martin Fayulu a pointé du doigt les Forces du progrès, ce groupe de jeunes affiliés au parti présidentiel. “Félix Tshisekedi nous a tendu un guet-apens. C’était un attentat prémédité , a accusé l’opposant. La police censée nous sécuriser nous a lancé des tirs lacrymogènes, [laissant] les Forces du progrès devant avec des machettes" , a-t-il poursuivi, assurant avoir eu la vie sauve grâce à un taxi moto. »
Alors, « cette journée du 15 septembre constituait un test grandeur nature pour l’opposition et la police congolaise. » C’est raté. C’est ce que souligne Afrikarabia : « pour les opposants, il fallait prouver qu’après plusieurs reports de manifestations, ils étaient encore capables de mobiliser ; et pour la police, qu’elle pouvait sécuriser le cortège dans le calme. »
Côté autorités, relève le site, « le pouvoir avait à cœur de prouver qu’une manifestation d’opposants pouvait se dérouler sans heurt à Kinshasa. Tout avait été fait pour limiter les tensions, notamment sur le parcours qui devait se terminer devant le Palais du Peuple le jour de la rentrée parlementaire. »
Et du côté de l’opposition : seulement un peu plus de 5 000 personnes hier dans les rues de Kinshasa : « la mobilisation n’était pas vraiment au rendez-vous , pointe Afrikarabia. Ce premier test de mobilisation pour l’opposition congolaise a clairement montré les limites de l’exercice dans un contexte où la guerre à l’Est et la prochaine convocation d’un dialogue national offrent peu de prise à des manifestations populaires. (…) L’opposition devra donc tirer les enseignements de cette faible mobilisation, conclut le site spécialisé sur la RDC, même si le débat sur le changement de la Constitution est loin d’être clos et les tensions politiques sur le possible troisième mandat de Félix Tshisekedi loin d’être éteintes. Il reste encore un peu plus de 2 ans avant l’échéance présidentielle de 2028. »
Enfin la presse burkinabè, toujours prompte à commenter ce qui se passe en dehors de ses frontières, tire à boulets rouges sur le président congolais : « Félix Tshisekedi entend organiser un dialogue qu’il dit inclusif (…), mais en réalité, affirme WakatSéra , il vise un monologue exclusif pour faire prospérer le leurre de la paix et donner toutes les chances à son entreprise de changement de la constitution qui lui ouvrira le boulevard de la présidence à vie, avec pour première étape décisive, le troisième mandat. »
Le Pays renchérit : « Fatshi est en train de tomber dans les mêmes travers que son prédécesseur, Joseph Kabila : notamment les velléités de troisième mandat de l’ancien chef d’État qu’il avait farouchement combattues, et le recours à la répression contre les manifestations de l’opposition. »
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