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Donald Trump rejette les appels à freiner l'avancée de l’IA

DW Afrique · Georges Ibrahim Tounkara · 14 septembre 2026 · Source originale

Donald Trump et plusieurs figures de son camp se sont dit opposés à un ralentissement du développement de l’intelligence artificielle , l’un des sujets phares de la campagne des législatives de mi-mandat aux États-Unis.

Grand partisan de l'intelligence artificielle, le président américain a critiqué dimanche (13.09.2026) les "forces négatives" voulant ralentir son développement, à l'heure où les mises en gardes se multiplient , y compris de la part des grands noms du secteur.

"Nous devançons la Chine sur l'IA. Nous sommes le pays le plus sophistiqué du monde et pour le dire franchement, je voudrais que cela reste ainsi, parce que quiconque gagne l'IA gagne tout, et nous pouvons mettre des garde-fous" , a ajouté le milliardaire de 80 ans, qui jusqu'ici refuse de mettre en place des régulations plus contraignantes.

Plusieurs personnalités républicaines se sont dit également réticentes à réguler activement cette technologie, pour ne pas "étouffer" l'innovation et risquer de voir la Chine gagner la bataille de l'IA, selon le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson.

L’opposition démocrate a pour sa part fustigé l’inaction des Républicains face à une question jugée fondamentale. "Nous avons besoin d’agir urgemment pour traiter ces problèmes et, malheureusement, les Républicains ont démissionné de leurs responsabilités" , a lancé le chef de file des Démocrates à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries.

Samedi, le patron d’Anthropic, Dario Amodei, avait plaidé pour un ralentissement sur l’IA afin de permettre de mieux appréhender les risques découlant des nouvelles capacités de l’intelligence artificielle. Il a été soutenu publiquement par son homologue d’OpenAI, Sam Altman, ainsi que par Elon Musk .

Dario Amodei avait notamment évoqué une IA "capable de prendre le contrôle de l’intégralité d’internet" d’ici six à douze mois. Dans sa communication, Dario Amodei s'inquiète de l'arrivée de l'amélioration récursive autonome (RSI), un processus qui voit l'IA s'améliorer elle-même sans intervention humaine.

"Sans supervision, (cette méthode) pourrait dépasser nos capacités de compréhension et de contrôle de ces systèmes" , explique le patron d'Anthropic. Elle doit être appliquée "avec beaucoup de prudence" , "si tant est qu'il faille l'utiliser" .

"Nous croyons vraiment, sincèrement, que l’IA pourrait tuer tous les humains" , avait de son côté  écrit, sur X, Evan Hubinger, un des responsables de la sécurité chez Anthropic. Il réagissait à l’alerte lancée le même jour par Jacob Coxon, démissionnaire d’Anthropic, qu’il considère, comme OpenAI, trop laxiste sur le sujet.

Ces derniers mois, OpenAI et Anthropic ont fait état de plusieurs incidents qui ont vu des IA sortir spontanément de leur milieu confiné pour aller sur internet et attaquer sites et plateformes.

Ces IA se sont montrées capables de se coordonner, d'établir une hiérarchie entre elles, de tricher et d'effacer les traces de leurs méfaits.

Les grands patrons de l'intelligence artificielle  affirment vouloir ralentir la cadence effrénée de développement du secteur, mais la concurrence, la réticence du gouvernement américain et la dimension géopolitique constituent autant d'obstacles à cette initiative.

Le chef du renseignement chinois a estimé que l'intelligence artificielle (IA) était de nature à menacer la sécurité nationale, des puissances étrangères pouvant utiliser cette technologie pour déstabiliser le pays.

Des "forces hostiles" exploitent les technologies d'IA générative pour "fabriquer des rumeurs en matière de politique et diffuser des informations nuisibles", a écrit dimanche le ministre de la Sécurité d'Etat, Chen Yixin, dans un article publié en ligne.

"Ils mènent contre nous des guerres d'opinion publique et des guerres cognitives, menaçant directement notre sécurité politique, notre sécurité institutionnelle et notre sécurité idéologique" , souligne-t-il.

Dans son article, le ministre chinois a souligné que l'IA constituait désormais "le principal champ de bataille de la concurrence technologique mondiale et une nouvelle piste pour la rivalité stratégique entre grandes puissances".

Ces propos interviennent à quelques jours d'une rencontre prévue entre le président chinois, Xi Jinping, et son homologue américain, Donald Trump, à Washington. La gouvernance de l'IA devraient être à l'ordre du jour, sur fond d'appels croissants à un encadrement de cette technologie.

La polémique s’amplifie à moins de deux mois du scrutin législatif de mi-mandat présidentiel. Absente du débat il y a encore un an, l’intelligence artificielle occupe désormais une place majeure dans la campagne électorale. Un nombre croissant de candidats, de droite comme de gauche, relaient la résistance de beaucoup de collectivités contre la construction effrénée de centres de données, incarnations physiques de la révolution de l’IA.

Une majorité d'Américains ont une vision négative des effets de l’IA sur leur quotidien. Selon un sondage publié par CBS, 64% des sondés s’attendent notamment à ce que l’intelligence artificielle réduise le nombre d’emplois aux États-Unis.

Pour le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, face aux "risques sans précédent" posés par les systèmes les plus avancés, il faut une "action urgente" pour encadrer l'intelligence artificielle (IA) .

"J'appelle les États et les entreprises à se mobiliser de toute urgence dans le cadre d'instances multilatérales pour définir une voie d'action visant à encadrer les modèles d'IA de pointe ", a indiqué Volker Türk dans une déclaration, avertissant que "tous les droits humains sont menacés" par cette technologie, y compris les droits à la vie et à l'alimentation, à la vie privée, à la santé et à la sécurité.

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