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Rumba : Pepe Felly Manuaku, figure d’une troisième école guitaristique en RDC

Mediacongo · MediaCongo · 11 septembre 2026 · Source originale

Le guitariste Pepe Felly Manuaku a contribué à l’émergence d’une troisième école de la guitare dans la Rumba en République démocratique du Congo (RDC), dont l’esthétique a été prolongée par plusieurs solistes, notamment Popolipo et Roxy Tshimpaka, a relevé ce vendredi 11 septembre 2026 un opérateur culturel, lors d’un échange avec l’ACP.

« Pepe Felly Manuaku représente une troisième école de la guitare congolaise, avec une manière particulière de construire les phrases musicales et de faire évoluer le langage de la rumba. Popolipo et Roxy Tshimpaka ont ensuite facilité la transmission et la continuité de cette esthétique », a expliqué Paul Muabilayi, coordonnateur du cercle culturel « Les Portes de Sion ».

Dans une approche comparative, M. Muabilayi a situé l’évolution de la guitare congolaise dans une succession d’écoles et de styles, allant des pionniers qui ont posé les fondations de la rumba aux générations ayant progressivement transformé la guitare en véritable instrument de narration musicale.

Selon cette lecture, la première école s’est notamment distinguée par l’accompagnement de la voix et l’installation des structures fondamentales de la Rumba, tandis que les générations suivantes ont davantage développé les possibilités mélodiques et rythmiques de la guitare.

Pepe Felly Manuaku apparaît ainsi comme une figure importante de cette évolution, avec un jeu caractérisé par la recherche mélodique, la précision rythmique et l’élaboration de phrases instrumentales capables de dialoguer avec le chant.

Cette évolution ne s’est toutefois pas arrêtée à Manuaku. Des guitaristes comme Popolipo et Roxy Tshimpaka ont contribué à prolonger ce langage, en l’adaptant aux transformations de la musique congolaise et aux exigences de nouvelles générations de mélomanes.

Des travaux consacrés à l’histoire de la guitare dans la Rumba congolaise placent d’ailleurs Pepe Felly Manuaku, Roxy Tshimpaka et Beniko Popolipo parmi les guitaristes représentatifs de la génération Zaïko, dans la continuité de grandes figures de la guitare congolaise.

Pour le coordonnateur du cercle culturel « Les Portes de Sion », cette filiation constitue un élément important de la mémoire musicale congolaise, car elle montre que la rumba ne s’est pas développée uniquement autour des chanteurs et des orchestres, mais également autour de véritables écoles instrumentales.

Cette transmission demeure d’autant plus importante que la Rumba congolaise, inscrite en 2021 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco, repose largement sur une tradition d’apprentissage par l’écoute, la pratique et la transmission entre générations.

La comparaison entre Manuaku, Popolipo et Roxy Tshimpaka permet ainsi de comprendre comment une innovation individuelle peut devenir un langage collectif, puis un patrimoine musical susceptible d’être enseigné, documenté et transmis aux générations futures.

Pour Paul Muabilayi, la sauvegarde de cette mémoire guitaristique constitue enfin un enjeu culturel, dans la mesure où la connaissance des différentes écoles permet aux jeunes musiciens de comprendre l’évolution de la rumba et de s’inscrire dans une continuité artistique nationale.