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Accord RDC–USA : comment Kinshasa compte valoriser ses actifs miniers avec les investisseurs américains

Beto.cd · Rédaction Kinshasa · 7 novembre 2026 · Source originale

Au cours de cette rencontre, les deux gouvernements ont notamment examiné les modalités opérationnelles de cette réserve, en particulier les procédures d’identification et de désignation des actifs éligibles ainsi que les conditions de mobilisation des investisseurs américains. Dans leur déclaration conjointe, les deux parties indiquent avoir « examiné le cadre opérationnel de la Réserve d’actifs stratégiques (Strategic Asset Reserve – SAR), notamment les procédures d’identification et de désignation des actifs éligibles ainsi que les modalités de mobilisation d’investisseurs américains qualifiés ». Qu’est-ce que la Réserve d’actifs stratégiques ? La SAR se présente comme un portefeuille évolutif d’actifs stratégiques identifiés par le gouvernement congolais afin de faciliter leur exploration, leur développement et leur exploitation grâce à des investissements, notamment américains. Selon l’article IV de l’Accord de partenariat stratégique du 4 décembre 2025, cette réserve concerne trois catégories d’actifs : les actifs liés aux minerais critiques, les actifs aurifères ainsi que les zones d’exploration minière ne disposant pas encore de licences. Le dispositif ne constitue donc pas une réserve physique de minerais entreposés dans des installations. Il s’agit plutôt d’un mécanisme de sélection et de valorisation d’opportunités minières susceptibles d’intéresser des investisseurs. L’accord prévoit également que cette liste puisse évoluer. La RDC peut y ajouter de nouveaux actifs, en concertation avec les États-Unis, tandis que le Comité de pilotage conjoint est chargé de tenir à jour la liste des actifs désignés. Un droit de première offre accordé aux investisseurs américains L’une des principales particularités de ce mécanisme concerne les conditions d’accès aux projets inscrits dans la SAR. L’article VII de l’accord prévoit, en effet, un droit de première offre au profit des investisseurs américains. Lorsqu’une opportunité d’investissement portant sur un actif inscrit dans cette réserve est identifiée, le gouvernement congolais doit en informer le Comité de pilotage conjoint. Les investisseurs américains éligibles bénéficient alors d’une priorité pour présenter leurs propositions. L’accord prévoit un délai de trois mois pour soumettre une proposition, suivi d’une période de négociation de trois mois, renouvelable une fois. À l’issue de cette procédure, qui peut s’étendre jusqu’à neuf mois, si aucune proposition américaine n’est acceptée, la RDC peut engager des discussions avec d’autres investisseurs dits « alignés ». Cette catégorie peut également inclure des investisseurs congolais répondant aux critères définis par l’accord. Cette disposition constitue l’un des éléments centraux du partenariat, puisqu’elle organise un accès prioritaire des entreprises américaines aux opportunités minières intégrées dans la réserve, avant leur éventuelle ouverture à d’autres investisseurs. Quels intérêts pour la RDC ? Pour Kinshasa, l’objectif affiché est de transformer son potentiel géologique en investissements productifs, en attirant les capitaux, les technologies et les compétences nécessaires au développement du secteur minier. Le partenariat prévoit notamment de favoriser la diversification des activités minières, le développement de nouveaux projets d’exploration et la transformation locale des ressources naturelles. Cette orientation rejoint les engagements réaffirmés lors de la réunion de Paris, au cours de laquelle les deux gouvernements ont insisté sur la nécessité de dépasser un modèle économique reposant essentiellement sur l’extraction et l’exportation des matières premières. Ils ont notamment souligné l’importance de promouvoir « la transformation locale, le raffinage, la fabrication avancée, le transfert de technologies, le développement des compétences et la création d’emplois de qualité en RDC ». La mobilisation des investisseurs américains pourrait ainsi contribuer au financement de nouveaux projets miniers, au renforcement des capacités de production et au développement des chaînes de valeur locales. Toutefois, les retombées économiques de ce mécanisme dépendront des investissements effectivement réalisés, des conditions négociées et de la capacité des entreprises congolaises à participer aux différents projets. Une réserve dont le fonctionnement reste à consolider Alors que le gouvernement congolais avait déjà présenté une première liste d’actifs stratégiques lors de la réunion inaugurale du Comité de pilotage conjoint, tenue le 5 février 2026 à Washington, les discussions de Paris ont notamment porté sur la poursuite de l’élaboration du cadre opérationnel de la réserve. Les prochaines étapes concernent principalement les procédures de désignation des actifs, la mobilisation des investisseurs et l’organisation du suivi institutionnel. À cet effet, les deux gouvernements ont inscrit parmi leurs priorités « la poursuite de l’élaboration du cadre opérationnel de la Réserve d’actifs stratégiques, y compris les procédures de désignation des actifs et de mobilisation des investisseurs ». L’un des principaux enjeux sera de veiller à ce que les opportunités d’investissement générées par ce mécanisme respectent les exigences de transparence, de bonne gouvernance, de protection de l’environnement et de responsabilité sociale. Au-delà de l’attraction des capitaux américains, la SAR constitue ainsi l’un des instruments de la nouvelle architecture économique du partenariat entre Kinshasa et Washington. Sa mise en œuvre permettra d’évaluer la capacité des deux pays à convertir le potentiel minier congolais en investissements productifs, en activités industrielles et en retombées économiques concrètes pour la population. Christian T. ÉZÉCHIEL The post Accord RDC–USA : comment Kinshasa compte valoriser ses actifs miniers avec les investisseurs américains appeared first on BETO .

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