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Jusqu'où ira le bras de fer entre l'exécutif et le Parlement au Sénégal ?

DW Afrique · Montessori De Dasse Bony · 4 novembre 2026 · Source originale

L'heure n'est plus aux calculs budgétaires au Sénégal . Elle est au choix politique. En rejetant une troisième fois la loi de finances rectificative du gouvernement, l'Assemblée nationale a ouvert une zone de turbulences dont personne ne mesure encore toutes les conséquences. Car, derrière les débats sur la dette et le déficit budgétaire, ce sont plus de 1 100 milliards de francs CFA de projets publics qui restent suspendus, des routes aux hôpitaux, en passant par l'accès à l'eau, l'énergie et l'assainissement.

Cependant, de la négociation à l'épreuve de force, trois scénarios pourraient permettre au pouvoir sénégalais de sortir de l'impasse budgétaire.

C'est la voie la moins risquée. Le gouvernement et les députés pourraient reprendre les discussions, revoir certains arbitrages budgétaires et trouver un terrain d'entente sur les chiffres du déficit, la dette et les investissements sociaux. Une sortie de crise qui préserverait la cohésion institutionnelle et rassurerait les partenaires financiers, notamment le FMI.

Si le dialogue échoue, le Premier ministre Ousmane Sonko pourrait engager la responsabilité de son gouvernement sur la loi de finances rectificative, conformément à l'article 86 de la Constitution. Sans motion de censure déposée et adoptée dans les conditions requises, le projet serait considéré comme adopté, sans vote parlementaire. Une arme institutionnelle puissante, mais politiquement risquée.

Et si la motion de censure est adoptée, c'est le gouvernement de Mohamed LO qui tombe. Le président Bassirou Diomaye Faye serait donc contraint de nommer un nouveau Premier ministre pour former un nouveau gouvernement.

C'est l'option la plus spectaculaire. Le président pourrait, si les conditions constitutionnelles sont réunies, renvoyer les députés devant les électeurs et provoquer de nouvelles législatives. Un pari risqué : les urnes pourraient conforter le pouvoir… ou accentuer son isolement, au profit du PASTEF-Les Patriotes d'Ousmane Sonko, président du parlement et dont le parti est majoritaire au sein de l'institution.

Au Sénégal, l'issue de ce bras de fer dépendra donc autant du droit constitutionnel que du rapport de force politique.

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