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RDC : la rencontre entre James Swan et Joseph Kabila embarrasse le pouvoir de Kinshasa

DW Afrique · Jean-Noël Ba-Mweze · 4 novembre 2026 · Source originale

Le déplacement mardi (03.11.2026) à Goma de James Swan , représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, n’est pas passé inaperçu. Il s'agissait d'un déplacement pour rencontrer l’ancien président Joseph Kabila, devenu président du Front pour la refondation de la nation, le FRN, un mouvement politico-militaire.

A l’Union pour la démocratie et le progrès social , l’UDPS, du président Félix Tshisekedi, on qualifie de politiquement lourde la rencontre entre le représentant des Nations unies en RDC et le président du FRN.

“Nous pouvons comprendre le rôle de la Monusco de procéder à un suivi sur le cessez-le-feu. Mais il est important que la diplomatie de la Monusco soit cohérente" , insiste Christian Lumu Lukusa, vice-président de la ligue des jeunes de l’UDPS, avant de souligner que cette rencontre "présente des conséquences diplomatiques préoccupantes. La résolution 2773 des Nations unies est claire. J’invite effectivement la Monusco à pouvoir clarifier ou à communiquer l’objectif de la rencontre avec celui que nous considérons comme un danger public".

Selon la déclaration du FRN, les deux personnalités ont discuté, notamment, du processus de paix de Doha et du cessez-le-feu, de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC, ainsi que du mandat de la Monusco et de la protection des civils. Une rencontre de légitimation symbolique du FRN comme acteur incontournable dans le processus de paix. C’est ce qu’estime le professeur Philippe-Doudou Kaganda, directeur scientifique du centre de recherches sur les conflits et la paix dans la région des Grands Lacs.

“La Monusco se présente probablement comme un messager d’une certaine orientation internationale de la crise congolaise. Il est donc possible que les questions de retour à la paix, de surveillance de cessez-le-feu et autres problématiques liées à ce conflit aient été invoquées, et qu’à ce titre on puisse aboutir à un comportement favorable au processus de pai x."

Le rapport d’évaluation récemment publié par le baromètre des accords de paix en Afrique sur la mise en œuvre des engagements du processus de Doha révèle que seuls 18,6 % des engagements souscrits dans le cadre de ce processus ont été implémentés. Un niveau limité.

“Pour moi, l’essentiel est que ces consultations puissent produire des résultats concrets : la cessation des hostilités, la protection des populations civiles et le rétablissement de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC" , affirme le professeur Roger-Claude Liwanga, co-initiateur du baromètre, qui appelle également à "des efforts supplémentaires. La rencontre de Goma pourrait contribuer à la recherche d’une solution durable si elle permet de mieux comprendre les positions des différents acteurs."

Il faut noter que malgré le passage de James Swan à Goma, les affrontements se poursuivent entre les rebelles du FRN et les forces armées de la RDC dans différents coins de l’est du pays.

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