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Mali : Macina débordée par l'afflux de déplacés de Souleye

DW Afrique · Mahamadou Kane · 3 novembre 2026 · Source originale

Au Mali, près de 4.000 personnes déplacées ont trouvé refuge à Macina et à Sarro, dans la région de Ségou, au centre du pays.

Il s'agit principalement de femmes et d'enfants qui ont fui l'attaque du village de Souleye, menée début septembre par des centaines de combattants djihadistes.

Sur place, la solidarité s'organise, mais les besoins restent immenses. Les organisations humanitaires et le comité local de gestion de crise se mobilisent pour venir en aide à ces populations qui ont tout laissé derrière elles.

Les 1er et 2 septembre derniers, plusieurs centaines de terroristes circulant à bord de pick-up et de motos ont attaqué la localité de Souleye, une commune rurale du Mali située dans le cercle de Sarro, dans la région de Ségou, faisant de nombreuses victimes parmi les civils, dont certains auraient été exécutés.

Pris de panique, les habitants ont fui durant la nuit, parfois à bord de pirogues sur le fleuve Niger, pour rejoindre les localités voisines de Macina et de Sarro.

Bien que l'attaque n'ait pas été officiellement revendiquée, plusieurs sources locales soupçonnent des combattants de la Katiba Macina, affiliée au JNIM (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans), très actif dans cette zone du centre du Mali.

Cet habitant de Souleye, réfugié à Macina, se dit toujours sous le choc des violences survenues il y a deux mois.

"Le 1er septembre, les coups de feu ont duré entre 16 heures et 19 heures. Après le cessez-le-feu, nous avons dénombré plusieurs morts et constaté que plusieurs commerces du marché avaient été incendiés. Le château d'eau du village a également été détruit. À la tombée de la nuit, de nombreux habitants ont fui le village. Les assaillants sont revenus le lendemain, le 2 septembre. Ils ont demandé aux femmes et aux enfants de quitter les lieux. C'est ainsi que certains sont partis à Macina et d'autres à Sarro".

Un comité local de crise, placé sous l'autorité du préfet du cercle, tente actuellement de recenser les centaines de ménages installés à Macina afin de les enregistrer officiellement comme déplacés. Cette démarche vise également à faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire.

De leur côté, les organisations humanitaires se mobilisent. Action contre la faim (ACF) construit des hangars d'accueil, des latrines et aménage des sites destinés aux personnes déplacées.

Pour sa part, Médecins Sans Frontières (MSF), en collaboration avec les services de l'État, intervient à Macina grâce à une clinique mobile.

"Aujourd'hui, à MSF, notre soutien porte principalement sur les besoins médicaux. Pour l'instant, nous appuyons les équipes du ministère de la Santé et de l'Hygiène publique afin qu'elles puissent assurer une offre de soins et, surtout, des soins de qualité à ces populations. Globalement, ces personnes déplacées ont besoin d'une assistance alimentaire, mais aussi d'un accompagnement en matière d'hébergement, d'hygiène et de conditions de vie" , explique Dominique Kouadio, chef de mission de MSF au Mali.

La situation humanitaire demeure critique à Macina et les capacités d'accueil, composées principalement d'abris précaires, de concessions familiales et de maisons d'accueil, sont désormais totalement saturées.

Malgré les efforts des autorités et des organisations humanitaires, les besoins restent considérables en matière d'hébergement, d'alimentation, de soins de santé et d'assainissement.